
Les marchés mondiaux ont réagi avec une euphorie palpable ce mercredi après l'annonce par le président américain Donald Trump d'un cessez-le-feu de deux semaines avec l'Iran, apaisant temporairement les tensions qui menaçaient d'embraser le Moyen-Orient et l'économie mondiale. Cette trêve est intervenue moins de 90 minutes avant l'expiration d'un ultimatum de Trump exigeant l'ouverture du détroit d'Ormuz.
La nouvelle a déclenché un soulagement immédiat sur les marchés financiers. Les prix du pétrole ont plongé, le baril de brut américain de référence (West Texas Intermediate) chutant de 16,4% pour s'établir à 94,41 dollars, tandis que le Brent, la référence internationale, a dégringolé de 13,3% à 94,75 dollars. Avant la guerre, le pétrole se négociait autour de 70 dollars le baril.
Les bourses mondiales ont quant à elles bondi. À Wall Street, le Dow Jones Industrial Average a grimpé de 1 101 points, soit 2,4%, le S&P 500 a gagné 2,1% et le Nasdaq composite a progressé de 2,3%. Les marchés asiatiques, particulièrement dépendants du pétrole du Moyen-Orient, ont enregistré des hausses impressionnantes : le Kospi sud-coréen a bondi de 6,9%, le Nikkei 225 japonais de 5,4% et le Hang Seng de Hong Kong de 3,1%. En Europe, le DAX allemand a augmenté de 5,1% et le CAC 40 français de 4,5%. Des valeurs comme United Airlines (+7,9%) et Carnival (+9,6%) ont particulièrement bénéficié de la baisse des prix du carburant. Le dollar a chuté, tandis que l'or et le bitcoin ont progressé.
Ce cessez-le-feu de deux semaines est conditionné à la réouverture du détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale par laquelle transite environ 20% du pétrole mondial. Cependant, des informations contradictoires ont émergé concernant le statut du détroit :
Alors que l'accord de cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l'Iran a été conditionné par le président Trump à la "réouverture COMPLÈTE, IMMÉDIATE et SÛRE du détroit d'Ormuz", et que l'Iran aurait accepté un "passage sûr" selon certaines sources, d'autres rapports indiquent que l'Iran aurait de nouveau fermé le détroit ce mercredi en réponse à des attaques israéliennes contre le Hezbollah au Liban.
Indépendamment de ces tensions persistantes, les attaques ont déjà causé des dommages significatifs. Les propriétaires du hub industriel de Ras Laffan au Qatar, responsable d'environ un cinquième de la production mondiale de gaz naturel liquéfié, ont averti que les attaques avaient réduit la capacité d'exportation du pays de 17% et que les réparations prendraient jusqu'à cinq ans. La crise énergétique liée au conflit a déjà vu les prix de l'essence dépasser les 4 dollars le gallon aux États-Unis.
Malgré l'optimisme des marchés, l'incertitude demeure quant à la durabilité de cette trêve. Comme l'a souligné Takashi Hiroki, stratège en chef chez MONEX :
"Il y a une raison d'être optimiste, mais il est encore trop tôt pour le dire, car, comme vous le savez, après tout, c'est Trump."
Cette pause dans les hostilités offre un répit bienvenu, mais les observateurs restent prudents, conscients de la fragilité de la situation et des défis qui se profilent pour une paix durable.