
Le prêt de 90 milliards d’euros que l’Union européenne a promis à l’Ukraine pourrait enfin être débloqué, après des mois de blocage politique.
Décidé en décembre par les 27 États‑membres, le financement – destiné à soutenir la guerre de Kiev contre la Russie et à couvrir le budget de l’État ukrainien pour 2026‑2027 – a été stoppé par le veto de Viktor Orbán, Premier ministre sortant de la Hongrie. Le ministre a déclaré sur X qu’il ne lèverait son opposition que si Budapest retrouvait le droit de recevoir du pétrole russe via le pipeline Drujba, endommagé en janvier par des frappes russes.
« Une fois les livraisons de pétrole rétablies, nous ne ferons plus obstacle à l’approbation du prêt », a affirmé Orbán. Les autorités ukrainiennes n’ont toutefois pas confirmé qu’elles pouvaient reprendre les livraisons.
Sous la présidence semestrielle du Conseil de l’UE assurée par Chypre, les diplomates ont inscrit à l’ordre du jour de la réunion des ambassadeurs de mercredi la « mesure ultime nécessaire au décaissement » du prêt. La procédure écrite qui sera lancée permet l’adoption d’une décision dès qu’aucun État ne s’y oppose dans le délai imparti, généralement de quelques heures.
Le nouveau Premier ministre hongrois, Péter Magyar, élu en avril et attendu en fonction début mai, a indiqué qu’il ne s’opposerait pas au financement, ouvrant ainsi la voie à la levée du veto d’Orbán.
| Année | Montant débloqué |
|---|---|
| 2024 | 45 milliards € |
| 2027 | 45 milliards € |
| Total | 90 milliards € |
Si la procédure aboutit, les fonds seront immédiatement disponibles pour l’Ukraine, renforçant sa capacité de défense et assurant la continuité de ses services publics. La décision attendue cette semaine pourrait marquer la fin d’une impasse qui a longtemps freiné la solidarité européenne.
Le prochain chapitre de ce financement dépend désormais de la capacité de Kiev à rétablir les livraisons de pétrole, un point qui pourrait bien décider du sort du prêt tant attendu.