Un soldat américain accusé d’avoir converti des renseignements classifiés en paris de plus de 400 000 $ sur la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro a remis le phénomène des marchés prédictifs sous les projecteurs de la Maison-Blanche.
Le 24 avril, le ministère de la Justice a mis en examen Gannon Ken Van Dyke, qui aurait exploité des informations secrètes pour gagner ces gains sur Polymarket, la plus grande plateforme internationale de paris sur événements. Selon le dossier, le soldat aurait demandé la suppression de son compte après avoir encaissé ses profits.
« Le montant d’insider trading évident et public lié à ces marchés représente un « black‑eye » pour cette administration », a déclaré Joe Konizeski, ancien procureur principal de la CFTC.
Face à l’affaire, Shayne Coplan, fondateur de Polymarket, a affirmé sur les réseaux sociaux que l’entreprise avait alerté le DOJ dès la détection des transactions suspectes et qu’elle coopère « constamment en coulisses ».
La CFTC, dirigée par le président Michael Selig, a déposé son premier recours civil en lien avec les marchés prédictifs, arguant que les activités de Polymarket relèvent de sa juridiction malgré son enregistrement à Panama, du fait de son siège social et de nombreux employés à New York.
Le président Donald Trump a déclaré qu’il n’aimait pas les marchés prédictifs « conceptuellement » et les qualifiait de « casino ». Cette position marque un revirement par rapport à ses précédents éloges. Le même jour, un porte‑parole de la Maison‑Blanche a rappelé que tout fonctionnaire fédéral doit se conformer aux règles d’éthique interdisant l’usage d’informations non publiques.
Parallèlement, Kalshi, concurrent soumis à la CFTC, a suspendu et sanctionné plusieurs candidats au Congrès qui avaient parié sur leurs propres courses électorales, ainsi que d’autres utilisateurs liés à des contenus YouTube.
Les marchés prédictifs, autrefois niche, sont maintenant estimés à plusieurs milliards de dollars, attirant des investissements de Wall Street. Les récents scandales – du paris sur le climat à Paris jusqu’aux paris sur l’élection américaine – intensifient la pression pour une régulation plus stricte et une surveillance accrue des plateformes.
Le cas Van Dyke pourrait devenir le premier modèle de poursuites, indiquant que les autorités sont prêtes à appliquer les lois traditionnelles de l’insider trading aux nouvelles formes de finance numérique.
L’avenir de ces marchés dépendra désormais de la capacité des régulateurs à concilier innovation et intégrité.