
Le Soudan vit la plus grande crise humanitaire du monde, mais les promesses internationales restent en suspens, laissant des dizaines de millions de personnes en attente d’une aide vitale.
Depuis trois ans, la guerre entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) a ravagé le pays. Denise Brown, coordinatrice de l’ONU à Khartoum, décrit la situation comme un « pays abandonné » et dénonce les violences sexuelles, les massacres – dont les 6 000 morts à El‑Facher – et la famine qui menace des centaines de milliers de personnes.
« Je suis révoltée… qu’attend le monde pour se réveiller et entreprendre les mêmes efforts que face à d’autres crises effroyables ? », a-t-elle déclaré depuis un bureau parmi les rares bâtiments encore debout du centre‑ville dévasté.
Les combats se concentrent aujourd’hui dans le Kordofan, où des frappes de drones font de nombreuses victimes chaque jour, et les populations fuient vers El‑Obeid où l’ONU signale la mort quotidienne d’enfants.
Les sources varient sur l’ampleur exacte du drame :
- Source AFP : 33 millions de personnes (sur 50 millions) auraient besoin d’aide humanitaire.
- Source Al Jazeera : 26 millions sont en insécurité alimentaire aiguë et 14 millions déplacés au cours des trois dernières années.
Ces divergences reflètent la difficulté d’obtenir des données fiables dans un contexte de conflit continu.
L’ONU accuse des flux illégaux d’armes – drones turcs ou iraniens, soutien de l’Égypte et de l’Arabie saoudite à l’armée, et de possibles livraisons aux FSR malgré un embargo de deux décennies. Les Émirats arabes unis, pointés du doigt, nient toute fourniture d’armement.
Les tentatives diplomatiques du « Quad » (États‑Unis, Arabie saoudite, Émirats et Égypte) n’ont jusqu’ici produit aucun progrès. Une conférence à Berlin a rassemblé 1,5 milliard d’euros de promesses de dons, mais le chemin vers la paix reste flou.
Le conflit, désormais à sa quatrième année, s’enlise dans une guerre par procuration où les puissances régionales tirent les ficelles, tandis que la population continue de souffrir, espérant que le monde finira par répondre à son appel.