Le départ temporaire du gouverneur de Sinaloa, Rubén Rocha Moya, après l’inculpation de dix responsables mexicains par les États‑Unis a déclenché une onde de choc au sein du parti au pouvoir, Morena, et ravivé le débat sur la souveraineté du pays face à la pression américaine.
Dans une vidéo diffusée à minuit, le gouverneur de 76 ans a affirmé :
« Ma conscience est claire ; je n’ai jamais trahi mon peuple ni ma famille. »
Il a qualifié les accusations de « fausses et malveillantes » et a annoncé qu’il prendrait un congé de 30 jours, pendant lequel il perdra son immunité parlementaire. Le maire de Culiacán, Juan de Dios Gámez Mendívil, a suivi le même geste, tandis que le sénateur Enrique Inzunza a choisi de rester en fonction et de se défendre depuis le Sénat.
Le Congrès de l’État a nommé Yeraldine Bonilla Valverde, ancienne secrétaire du gouvernement, comme gouverneure intérimaire. Le ministère public mexicain a indiqué qu’il n’arrêtera pas les prévenus tant que l’enquête américaine n’aura pas été finalisée, conformément à la demande des autorités américaines.
Le président de la République, Claudia Sheinbaum, a réaffirmé que, si les preuves étaient « irréfutables », les accusés seraient jugés au Mexique et non aux États‑Unis, insistant sur le respect de la dignité du peuple mexicain. Elle a ajouté que le gouvernement ne défendra aucun criminel reconnu coupable, soulignant ainsi la tension entre la lutte contre la corruption et la défense de la souveraineté nationale.
Les habitants de Sinaloa, épuisés par la violence liée aux cartels, ont accueilli favorablement la démission, le considérant comme un premier pas vers la responsabilité. Les observateurs craignent cependant que le refus de livrer les accusés aux États‑Unis puisse alimenter les critiques de Washington, qui menace d’intensifier les actions militaires contre les cartels.
Ce drame politique expose la fragilité du pacte entre Morena et la lutte contre le crime organisé, tout en rappelant que la souveraineté mexicaine reste un enjeu majeur dans les relations bilatérales.
La scène est maintenant prête pour un affrontement juridique qui pourrait redessiner les frontières du pouvoir en Amérique du Nord.