
L’artiste de violon traditionnel, Ashley MacIsaac, a transformé une simple recherche en ligne en une bataille judiciaire contre le géant technologique Google, après qu’une synthèse générée par l’IA de la firme l’a faussement présenté comme « délinquant sexuel ».
Le résumé d’« AI Overview » affiché par Google affirmait que MacIsaac était condamné pour plusieurs infractions graves : agression sexuelle, incitation d’un enfant à des actes sexuels et atteinte à la personne, ainsi que son inscription à vie sur le registre national des délinquants sexuels. Cette information erronée a été citée par la Première Nation Sipekne’katik pour annuler un concert prévu le 19 décembre, avant que la communauté ne présente des excuses publiques, reconnaissant que la décision reposait « sur des informations incorrectes générées par une recherche assistée par IA ».
MacIsaac a déposé en février une demande de dommages et intérêts devant la Cour supérieure de justice de l’Ontario, accusant Google d’une « défaut de conception » de son IA et d’une responsabilité pour la « republication prévisible » de ces allégations calomnieuses.
| Type de dommages | Montant réclamé |
|---|---|
| Dommages généraux | 500 000 $ |
| Dommages aggravés | 500 000 $ |
| Dommages punitifs | 500 000 $ |
| Total | 1,5 million $ |
MacIsaac a déclaré ressentir une « peur tangible » de monter sur scène, craignant pour sa sécurité et pour l’impact durable sur sa carrière.
« Je craignais pour ma propre sécurité en montant sur scène à cause de ce que l’on m’a attribué ; je ne sais pas combien de temps cela me suivra », a-t-il confié à la presse canadienne.
Google, de son côté, a indiqué que les résumés d’IA sont régulièrement révisés et que les erreurs sont utilisées pour améliorer les systèmes, sans toutefois présenter d’excuses ou de contact direct avec le musicien.
Cette affaire soulève la question cruciale de la responsabilité des plateformes lorsqu’une IA diffuse des informations diffamatoires, et pourrait devenir une référence pour les futures régulations sur les contenus automatisés.
Le verdict pourrait bien redéfinir les limites entre technologie et droit de la réputation.