
Face à l’escalade du conflit au Moyen‑Orient, l’Union européenne se trouve à la croisée des chemins entre la volonté de préserver son autonomie stratégique et la pression des États‑Unis pour qu’elle participe à l’opération visant à rouvrir le détroit d’Ormuz.
« Cette guerre n’est pas la nôtre », a affirmé Kaja Kallas, haute représentante de la politique extérieure de l’UE, justifiant le rejet de toute mission militaire européenne au profit d’une solution diplomatique.
Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays se sont ainsi portés sur un portazo symbolique à la demande américaine, estimant que « personne ne veut agir activement dans cette guerre » et que la priorité doit rester la diplomatie et la liberté de navigation. Certains États, comme l’Espagne et l’Italie, insistent sur le fait que la mission Aspides, déjà déployée en mer Rouge contre la piraterie, ne doit pas être élargie à Ormuz.
Parallèlement, Bruxelles attend de mettre en place des mesures pour contenir la hausse des prix de l’énergie liée au blocage du détroit. Le commissaire Dan Jorgensen propose de rendre les taxes énergétiques plus rationnelles et de baisser les contributions fiscales sur l’électricité, tout en maintenant la flexibilité du système d’échange de quotas d’émissions.
Malgré ces propositions, les chefs d’État convoquent une discussion urgente avec le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, pour réaffirmer l’engagement de l’UE envers le multilatéralisme, même si les langues restent divergentes : certains pays souhaiteraient un langage plus tranchant contre les interventions américaines, tandis que d’autres préfèrent limiter le discours à ce qui estemment accepté.
« Les taxes énergétiques, en de nombreux États membres, peuvent être plus rationnelles », a expliqué le commissaire, soulignant qu’une décision pourra être prise dès le jeudi, si la volonté politique le permet.
Ainsi, l’Europe montre une unité fragile mais déterminée : elle affirme haut et fort le multilatéralisme tout en refusant de s’engloutir dans une guerre qui ne lui appartient pas, tout en cherchant à protéger son approvisionnement énergétique face aux turbulences géopolitiques.
La réponse européenne se dessine comme un équilibre délicat entre fermeté diplomatique et pragmatisme économique, dont les conséquences se feront sentir bien au‑delà du simple 회의.