
Les arrestations de deux militants à bord d’une flottille humanitaire ont déclenché une vive controverse diplomatique entre Madrid et Tel‑Aviv, alors que la communauté internationale surveille de près le blocus de Gaza.
Dans la nuit du 1�re mai 2026, la Flottille Global Sumud, composée de plus de 50 navires partis de France, d’Espagne et d’Italie, a été interceptée par la marine israélienne dans les eaux internationales à l’ouest de la Crète. Selon les médias, 21 ou 22 bateaux ont été saisis et 175 personnes détenues. Tous ont été conduits à la Grèce, sauf Saif Abukeshek, citoyen espagnolo‑suédois d’origine palestinienne, et le Brésilien Thiago Ávila, qui ont été transférés directement en Israël pour être interrogés.
Les deux activistes ont déclaré avoir été soumis à des traitements brutaux : mains liées, bandeaux, positions stressantes et coups, selon le centre juridique Adalah qui les a visités à la prison de Shikma. Ils ont entamé une grève de la faim, tout en continuant à boire de l’eau, et doivent comparaître devant un tribunal israélien dimanche.
« Il s’agit d’une détention illégale en haute mer, hors de toute compétence juridique israélienne », a déclaré le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares lors d’une interview à RAC1.
Le Premier ministre Pedro Sánchez a adressé un message à Benjamin Netanyahou, affirmant que l’Espagne protégera toujours ses citoyens et exigera la libération d’Abukeshek. Le même jour, des manifestants, dont Sally Issa, se sont rassemblés à Barcelone pour réclamer la libération des deux hommes.
Israël, pour sa part, accuse Abukeshek d’appartenir à la Palestinian National Conference Abroad, qualifiée par les États‑Unis de « contrôlée par le Hamas », et avance que le Brésilien serait impliqué dans des « activités illégales ». Le ministère des Affaires étrangères israélien n’a présenté aucune preuve concrète de ces liens.
Le consulat espagnol à Athènes a pu rendre visite à Abukeshek, tandis que le consul en Grèce a été hospitalisé après avoir soigné plusieurs activistes blessés. La flottille, désormais regroupée à Ierapetra, prévoit de repartir vers Gaza malgré le mauvais temps et les tensions persistantes.
Cette affaire pourrait redessiner les limites du droit maritime et intensifier le débat sur la légitimité des blocus et des actions humanitaires en zone de conflit.