
Le verdict du deuxième procès du ex‑président Nicolas Sarkozy sur le financement libyen de sa campagne de 2007 s’annonce comme le dernier acte d’une saga judiciaire qui a déjà coûté plus de vingt jours d’incarcération au chef d’État.
Le 29 avril 2026, Sarkozy est entré au palais de justice de Paris pour la cinquième journée d’audience. Le juge Olivier Géron a lu les deux lettres de Claude Guéant, ancien secrétaire général de l’Élysée, dont la santé l’a empêché d’assister aux débats. Dans ces écrits datés du 11 et du 26 avril, Guéant raconte un dîner à Tripoli le 25 juillet 2007 et confirme l’existence de plusieurs déplacements en Libye entre 2008 et 2010, tout en niant toute opération de financement. Sarkozy a rétorqué que la mémoire de Guéant « a évolué », tout en affirmant que « la seule fois où Kadhafi m’a parlé de Senoussi, c’était en 2005 » et que aucune aide n’a jamais été accordée.
« C’est un cauchemar judiciaire, » a déclaré Sarkozy, ajoutant que le « respect de l’honneur de M. Guéant » restait essentiel.
Parallèlement, les avocats des parties civiles – familles des 170 victimes du crash du DC‑10 d’UTA en 1989 – ont entamé leurs plaidoiries, rappelant la gravité du drame qui a coûté la vie à des dizaines de Français. Le tribunal doit clôturer les débats d’ici une semaine, avant le lancement des plaidoiries finales.
Condamné en première instance à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs, Sarkozy attend la décision de la cour d’appel, prévue pour novembre. Le verdict déterminera non seulement son sort personnel, mais aussi la portée juridique du financement étranger dans les campagnes électorales françaises.
Le pays attend, les regards rivés sur la salle d’audience, la fin d’un procès qui a longtemps éclipsé la vie politique française.