L’Espagne veut mettre fin à l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, arguant que Tel aviv bafoue le droit international, une décision qui a immédiatement suscité la colère de Jérusalem.
L’accord d’association, en vigueur depuis 2000, lie le partenariat commercial et politique à une clause conditionnant la coopération au respect des droits humains. En février 2024, Pedro Sánchez et le Premier ministre irlandais avaient déjà demandé à la Commission européenne d’évaluer la conformité d’Israël à ces obligations, à la suite du déclenchement de la guerre à Gaza. Cette démarche a été renforcée par les récentes hostilités au Liban.
Lors d’un meeting électoral à Andalousie, le chef du gouvernement espagnol a annoncé que Madrid interpellera l’UE mardi pour rompre le pacte, affirmant que « c’est aussi simple que cela ». Le même jour, Gideon Saar, porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien, a réagi sur X :
« Nous n’accepterons pas une lecture hypocrite de quelqu’un qui noue une relation avec les régimes totalitaires qui violent les droits humains comme la Turquie de Recep Tayyip Erdogan, le Venezuela de Nicolas Maduro, qui reçoit les remerciements du régime brutal iranien et d’organisations terroristes, et qui s’est employé à propager l’antisémitisme. »
Saar accuse ainsi le gouvernement Sánchez d’« hypocrisie » et d’« antisémitisme », évoquant des liens supposés avec des États qualifiés de « totalitaires ».
Par ailleurs, une nouvelle lettre, signée par Irlande, Slovénie et Espagne, a été adressée vendredi à la Commission, demandant que l’accord soit réexaminé lors de la prochaine réunion du Conseil des Affaires étrangères. Cette initiative marque la première fois que l’Espagne sollicite officiellement la rupture du traité, bien que les questionnements sur le respect des droits humains par Israël ne soient pas nouveaux.
Si l’UE devait suivre la demande espagnole, cela entraînerait la première suspension d’un accord d’association avec un État membre du Moyen‑Orient depuis deux décennies, et pourrait redessiner les relations commerciales et diplomatiques de l’Union avec Israël. Le débat qui s’annonce met en lumière les tensions entre exigences de droits humains et intérêts géopolitiques au cœur de la politique européenne.
L’enjeu reste de savoir si les institutions européennes concéderont à la pression espagnole ou maintiendront le partenariat malgré les accusations.