
Le Front pour la Défense de la République (FDR) a brandi un avertissement virulent ce jeudi, qualifiant la proposition de loi déposée par le groupe parlementaire PASTEF d’« coup de force institutionnel » qui menace l’équilibre démocratique du Sénégal.
Le texte législatif vise à modifier l’article L29 et à abroger l’article L30 du Code électoral, deux dispositions qui, depuis 1992, constituent le socle d’un consensus politique garantissant la stabilité du pays. Selon le FDR, cette initiative serait une tentative de « rupture brutale » avec plus de trois décennies de règles partagées, afin de créer des « règles taillées sur mesure » pour le leader de PASTEF.
Dans un communiqué diffusé à Walfnet, le FDR a dénoncé plusieurs abus : l’inscription « frauduleuse » du président de PASTEF sur la liste électorale, l’usage du ministère de la Justice pour réviser un jugement alors que le concerné se trouve « juge et partie », et la rétroactivité de la loi sans motif d’intérêt général. Le mouvement a rappelé :
« La loi doit être générale et impersonnelle. Lorsqu’elle devient l’instrument d’une faction, elle perd sa légitimité et n’appelle qu’une seule réponse : la résistance. »
Les exigences du front sont claires : retrait immédiat et inconditionnel du projet, lancement d’une concertation inclusive sous la houlette de personnalités neutres, et respect strict du calendrier électoral. Pour mobiliser le soutien populaire, le FDR a annoncé l’organisation de manifestations massives à Dakar et dans les régions, en partenariat avec la société civile et les « forces vives » du pays.
Le FDR affirme que la modification du Code électoral représente le « troisième acte de forfaiture » et un danger pour une démocratie acquise grâce au sacrifice de plusieurs générations. Le groupe met en garde contre la création d’une « majorité illégitime » à l’Assemblée nationale, résultat, selon lui, d’une fraude électorale et d’une rétention illégale de décision du Conseil constitutionnel.
Si le gouvernement ne répond pas aux revendications du FDR, les rues du Sénégal pourraient rapidement se transformer en théâtre d’une lutte de pouvoir aux répercussions nationales.