
Meta doit annuler son rachat de Manus, l’une des plus ambitieuses start‑up chinoises d’agents IA, après qu’une décision soudaine du NDRC (Commission nationale du développement et de la réforme) ait exigé le retour en arrière du contrat de plusieurs milliards de dollars.
En décembre 2025, Meta a annoncé l’acquisition de Manus pour un montant estimé entre 2 et 3 milliards de dollars. La société, fondée en 2022 à Pékin par Xiao Hong, Ji Yichao et Tao Zhang, avait déménagé son siège à Singapour à la mi‑2025 afin de lever des fonds étrangers et d’échapper aux restrictions chinoises. Elle avait levé 75 millions de dollars auprès de Benchmark en mai 2025 et affiché 100 millions de dollars de revenu récurrent annuel dès décembre 2025.
Le 27 avril 2026, le NDRC a publié un communiqué bref mais décisif :
« Nous interdisons l’investissement étranger dans le projet Manus conformément aux lois et règlements, et nous demandons aux parties concernées de retirer la transaction d’acquisition. »
Les co‑fondateurs, Xiao Hong et Ji Yichao, ont été convoqués à Pékin en mars 2026, puis placés sous interdiction de sortie du pays. Malgré ces restrictions, environ 100 employés de Manus avaient déjà intégré les bureaux de Meta à Singapour, certains occupant des postes exécutifs.
Cette décision représente l’un des rares cas où la Chine annule un accord déjà finalisé, soulignant la volonté de Pékin de protéger les technologies jugées stratégiques. Elle intervient alors que les États‑Unis resserrent leurs propres contrôles sur les exportations de puces et que le Congrès s’interroge sur les investissements américains dans des start‑up à « liens chinois », comme le montre l’inquiétude du sénateur John Cornyn.
Pour Meta, le revers complique son plan de rattraper les géants de l’IA (OpenAI, Anthropic, Google) et survient alors que l’entreprise annonce des réductions d’effectifs massives. La mesure envoie un signal fort aux start‑ups chinoises qui envisagent le « Singapore‑washing » : le simple transfert de domicile ne suffit plus à échapper à la surveillance de Pékin.
Cette annulation pourrait redéfinir les règles du jeu entre les deux puissances technologiques, où chaque mouvement est désormais scruté de près.