
Le vaisseau Orion file à plus de 219 000 km de la Terre, à mi‑trajet vers la Lune, et les quatre astronautes d’Artemis II offrent au monde un spectacle inédit depuis les missions Apollo.
Lancé le 1 avril 2026 depuis le Kennedy Space Center, le mandat réunit le commandant Reid Wiseman, la pilote Christina Koch, le spécialiste Victor Glover et le Canadien Jeremy Hansen. C’est la première fois depuis 1972 qu’une équipe humaine quitte l’orbite terrestre, et la première à inclure une femme, une personne de couleur et un non‑Américain. La trajectoire « free‑return » les conduira autour de la Lune, à environ 100 km d’altitude, avant de revenir sur Terre le 10 avril.
Après la manœuvre d’injection translunaire du 2 avril, le vaisseau a dépassé les 200 000 km et les astronautes, équipés de smartphones et d’appareils photo, ont capturé des images de la « petite bille bleue » et d’une aurore verte qui éclaire l’atmosphère.
« Nous sommes tous scotchés aux fenêtres », confie Jeremy Hansen en contemplant la Terre.
Leur itinéraire les mènera derrière la Lune, où ils assisteront à une éclipse solaire et observeront le bassin Orientale – un cratère de ≈ 900 km de diamètre à la limite du côté visible et du côté caché. Victor Glover note que « la Terre apparaît très petite, la Lune de plus en plus grande », tandis que Hansen décrit l’expérience comme « inspirante, comme redevenir enfant ».
Au-delà du spectacle visuel, la mission teste les systèmes de survie (combinaisons valables six jours) et les communications, notamment la perte de signal pendant ≈ 40 minutes derrière la Lune. Aucun incident majeur n’a été signalé, si ce n’est quelques problèmes mineurs de messagerie et de toilettes. Le responsable du programme Orion, Howard Hu, rappelle que le but est de prouver la capacité à transporter des personnes en toute sécurité avant d’envisager un alunissage prévu pour 2028 et, à plus long terme, des missions vers Mars.
Le succès d’Artemis II montre que l’humanité reprend confiance pour repousser les limites du vol habité, ouvrant la voie à une nouvelle ère d’exploration spatiale.