Les quatre membres d’Artemis II ont quitté l’orbite terrestre jeudi soir, marquant le premier vol habité vers la Lune depuis les missions Apollo d 1972 – une étape que le public attendait depuis plus d’un demi‑siècle.
Aux alentours de 23 h 49 GMT, le vaisseau Orion a exécuté une poussée de six minutes qui l’a arraché à l’attraction terrestre. À bord, les astronautes américains Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et le canadien Jeremy Hansen ont décrit l’émotion de voir la Terre « illuminée comme en plein jour » et la Lune qui scintille dans l’obscurité.
« Envoyer quatre personnes à 400 000 km de distance est un exploit héroïque », a déclaré le commandant Reid Wiseman depuis le module.
Après le décollage, le crew a effectué une série de vérifications, résolu rapidement un souci de communication au sol et même confronté un petit incident de toilettes – un rappel que même en espace, les imprévus surviennent. Le problème a été réglé, permettant à l’équipage de se reposer et de préparer la prochaine phase.
Orion suit maintenant une orbite elliptique qui l’amènera à 74 000 km du point le plus proche de la Terre, bien au‑delà de l’ISS qui orbite à 400 km. Après environ 24 heures en orbite terrestre, les moteurs redémarreront pour une poussée de cinq minutes qui propulsera le vaisseau sur une trajectoire translunaire.
Le vol prévoit le largage de quatre CubeSats destinés à étudier le champ magnétique terrestre et les radiations solaires, ainsi qu’un survol de la Lune à une altitude comprise entre 6 400 et 9 700 km prévu le 7 avril. L’équipage passera cinq heures à observer la surface, y compris la face cachée, avant de rebondir vers la Terre pour un atterrissage prévu le 10 avril.
Ce passage de l’orbite terrestre à la trajectoire lunaire teste non seulement la viabilité du vaisseau, mais prépare également la NASA à établir une base près du pôle Sud lunaire d’ici 2028, et à tracer la voie vers des missions habitées vers Mars.
L’aventure d’Artemis II montre que l’exploration lointaine est de nouveau à portée de main, ouvrant un nouveau chapitre de l’histoire spatiale.