Le virus hantavirus qui a frappé le paquebot de croisière MV Hondius a transformé un luxueux périple en une course contre la montre pour la santé publique.
Le navire, battant pavillon néerlandais, transportait plus de 140 passagers et membres d’équipage lorsqu’une série de décès et de cas suspects a été détectée. Au moins trois passagers sont décédés et cinq autres ont été confirmés porteurs du hantavirus, dont la souche Andes, capable, dans de rares cas, de transmission inter‑humaine. Le premier décès a eu lieu à bord le 1er avril 2024, mais ce n’est que le 2 mai que les autorités sanitaires ont confirmé la présence du virus.
« Le risque reste absolument faible », a déclaré Christian Lindmeier, porte‑parole de l’OMS, soulignant que la maladie ne se transmet généralement pas d’une personne à l’autre.
Les autorités de Quatre continents ont lancé un suivi de plus de deux douzaines de passagers qui s’étaient déjà désembarqués, dont des ressortissants de 12 pays. La traçabilité reste compliquée : certains passagers ont quitté l’île de St‑Helena le 24 avril, d’autres se sont rendus à Johannesburg, Amsterdam ou même à l’île isolée de Tristan da Cunha.
L’Espagne prépare l’arrivée du navire à Tenerife dimanche, où les voyageurs seront transférés en petits bateaux puis en bus vers une zone strictement isolée de l’aéroport. Le chef des urgences espagnol, Virginia Barcones, a requis des avions médicaux équipés pour les cas symptomatiques.
Les États‑Unis et le Royaume‑Uni ont confirmé l’envoi d’avions pour rapatrier leurs citoyens ; les Américains seront placés en quarantaine au Nebraska Medical Center, un établissement déjà utilisé pour Ebola et les premiers patients COVID‑19. Le Royaume‑Uni a également indiqué qu’un de ses ressortissants, hospitalisé à Tristan da Cunha, reçoit des soins.
Parallèlement, la santé publique néerlandaise et les autorités sud‑africaines poursuivent le repérage des contacts de la passagère décédée à Johannesburg, tandis que plusieurs États américains surveillent leurs résidents ayant voyagé à bord, aucun ne présentant de symptômes.
Le scénario souligne la rapidité avec laquelle une maladie rare peut devenir un défi logistique mondial, mais les protocoles internationaux et la coopération transfrontalière semblent contenir le risque.
Le monde observe, les passagers attendent, et l’incertitude demeure : la prochaine étape dépendra de la capacité des autorités à garder le virus hors des communautés.