
Des dizaines de militantes ont envahi le pavillon russe du Venise Biennale, lançant le plus grand acte de protestation jamais vu entre le collectif russe Pussy Riot et le groupe ukrainien FEMEN.
Le mercredi 6 mai, plus de 50 membres de Pussy Riot, vêtues de masques de ski roses, ont pénétré le pavillon, initialement barré par la police italienne et la sécurité privée. Elles y ont interprété la chanson « Disobey », dénonçant les « fascistes et meurtriers d’enfants et de mères ». Simultanément, des militantes de FEMEN ont fait jaillir de la fumée bleue et jaune, brandi des drapeaux ukrainiens et scandé des slogans.
« Source 1 indique « plus de 50 » manifestantes, tandis que la Source 2 précise « 50 » exactement. Les deux rapports confirment cependant la même ampleur de la manifestation. »
Cette incursion survient alors que le Venise Biennale a décidé de réintégrer la Russie après son retrait en 2022 et son absence en 2024, suscitant une vive controverse internationale. Le président de la Fondation Biennale, Pietrangelo Buttafuoco, défend la présence russe, rappelant que le pavillon existe depuis 1914.
La militante et artiste Nadya Tolokonnikova (ex‑prisonnière) a publié un communiqué, appelant à ce que les artistes emprisonnés pour leurs positions anti‑guerre représentent la Russie lors du prochain Biennale en 2028 :
« « Tandis que Pietrangelo Buttafuoco accueille ses invités russes avec du champagne, des drones et des missiles balistiques tombent sur l’Ukraine. Des milliers de prisonniers politiques attendent dans le froid. Leurs vies ne sont pas abstraites, elles méritent d’être reconnues. » »
De son côté, Inna Shevchenko de FEMEN a déclaré que le pavillon repose sur un « piédestal invisible de sang ukrainien », appelant à exposer les crimes de guerre russes.
Face à la polémique, l’Union européenne a menacé de supprimer une subvention de 2 M€ au Biennale pour violation des sanctions, le jury international a démissionné, et le ministre italien de la Culture, Alessandro Giuli, a annoncé que le pavillon ne sera pas ouvert au public. Le spectacle se poursuivra néanmoins jusqu’en novembre, avec deux prix publics à la clôture.
Cette débâcle artistique montre que le monde de l’art ne peut plus rester indifférent aux conflits géopolitiques, et que les voix dissidentes cherchent désormais à transformer les espaces culturels en scènes de vérité.