
Face à la pressioncroissante sur les prix alimentaires, le gouvernement français et les géants de la distribution s’affrontent dans des pourparlers qui déterminent le futur des rayons en magasin. ### Une négociation qui s’intensifie
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a dénoncé un « chantier mortifère » de la grande distribution, accusant certains groupes de recourir à un « chantage » inacceptable. En réponse, Alexandre Bompard, dirigeant de Carrefour, a rappelé les avancées obtenues : « Nous, on a à peu près signé 95 % des contrats avec les PME et les deux tiers avec les grandes entreprises, et donc on aura signé la quasi‑intégralité à la bonne date ». Son objectif ? « ramener des demandes d’augmentation des prix qui sont autour de 6 % à 8 % de grandes multinationales mondiales à 1 % pour éviter que l’inflation persiste en France ». Cette stratégie vise à stabiliser les tarifs hors marques propres, tout en négociant uniquement les hausses jugées légitimes, comme le souligne le même entretien : « Il y a des domaines où les hausses qui sont présentées sont tout à fait légitimes, parce que les matières premières agricoles augmentent. Certaines sont complètement illégitimes, et quand elles le sont, on négocie ». > « Il y a des domaines où les hausses… on négocie »
Du côté macroéconomique, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a abaissé sa projection d’inflation pour 2026 : « L’inflation devrait être un peu plus de 1 % », un chiffre légèrement inférieur à la prévision de décembre qui était de 1,3 %. Il explique que « les prix baissent, notamment sur les pâtes, le sucre et la farine », ce qui devrait contribuer à cette légère décélération.
Ces évolutions interviennent alors que les distributeurs ont décidé de boycotter le comité de suivi des négociations, invoquant des déclarations « caricaturales » de la ministre. Le débat reste ouvert : si les accords se concrétisent, les consommateurs pourraient voir leurs factures stabilisées, mais le climat tendu entre l’État et la grande distribution laisse présager de nouveaux rounds de discussion.
« Nous, on a à peu près signé 95 % des contrats… »
Le suspense reste entier : la prochaine décision du gouvernement et des enseignes déterminera si la flambée des prix s’inverse ou se prolonge.