
Le président américain Donald Trump a rejeté vendredi la dernière proposition de négociation de l'Iran, exprimant son insatisfaction et imputant la stagnation des pourparlers à un « désaccord profond » au sein de la direction iranienne. Cette décision maintient les pourparlers de paix gelés, et ce malgré un cessez-le-feu de plusieurs semaines.
La proposition iranienne a été transmise aux médiateurs pakistanais jeudi soir, selon l'agence de presse officielle IRNA, sans que son contenu détaillé ne soit révélé. Lors d'une déclaration aux journalistes, le président Trump a concédé que l'Iran souhaitait un accord, mais a clairement indiqué : « À ce moment, je ne suis pas satisfait de ce qu'ils proposent. » Il a également articulé les deux options qui, selon lui, se présentent : « Voulons-nous y aller et les bombarder pour en finir pour toujours – ou voulons-nous essayer de conclure un accord ? » Précisant qu'il « préférerait ne pas » opter pour la première option « sur une base humaine ».
La guerre, lancée par les États-Unis et Israël le 28 février, est officiellement en suspens depuis début avril. Si le président Trump a déclaré vendredi aux législateurs que les hostilités étaient « terminées » et qu'il n'y avait eu « aucun échange de tirs entre les forces armées des États-Unis et l'Iran depuis le 7 avril », la posture militaire américaine n'a pas changé. Le cessez-le-feu reste précaire. L'Iran maintient son emprise sur le détroit d'Ormuz, asphyxiant les flux majeurs de pétrole, de gaz et d'engrais, tandis que les États-Unis ont imposé un contre-blocus sur les ports iraniens. Cette impasse a fait chuter les prix du pétrole de près de 5 % suite à l'annonce de la proposition iranienne, bien qu'ils restent environ 50 % au-dessus des niveaux d'avant-guerre.
L'impact économique sur l'Iran est de plus en plus lourd : Washington a imposé de nouvelles sanctions et le blocus militaire américain aurait stoppé 6 milliards de dollars d'exportations pétrolières iraniennes, entraînant une inflation de plus de 50 %.
Sur le front libanais, Israël a poursuivi ses frappes meurtrières malgré un cessez-le-feu avec le Hezbollah soutenu par l'Iran, ayant entraîné la mort de 12 personnes dans le sud du pays. Parallèlement, Washington a annoncé d'importantes ventes d'armes à ses alliés, dont un accord de 4 milliards de dollars pour des missiles Patriot avec le Qatar et près d'un milliard de dollars de systèmes d'armes de précision pour Israël.
Du côté diplomatique, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a mené une série d'appels avec ses homologues régionaux et la cheffe de la politique étrangère de l'Union européenne, Kaja Kallas, pour discuter des efforts visant à rouvrir le détroit d'Ormuz. Cependant, les États-Unis lancent également leur propre coalition pour relancer le transport maritime.
La situation s'est alourdie avec des événements tragiques : 14 membres des Gardiens de la révolution iraniens ont été tués en désamorçant des bombes à fragmentation et des mines aériennes non explosées dans la province de Zanjan. Par ailleurs, la lauréate du prix Nobel de la paix incarcérée, Narges Mohammadi, a été transférée d'urgence à l'hôpital après une « détérioration catastrophique » de sa santé, suite à « 140 jours de négligence médicale systématique ».
Le refus de la proposition iranienne par le président Trump laisse planer une ombre persistante sur les perspectives de paix, maintenant la région dans une complexité et une incertitude profondes.