Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a lancé un avertissement clair à Israël : résoudre le conflit avec le Hezbollah ne doit pas se faire au détriment des civils libanais, sous peine de transformer le Liban en « théâtre de guerre ».
Lors d’une conférence de presse conjointe à Berlin avec le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, Wadephul a souligné que les jeunes Libanais ne doivent pas grandir « au milieu des ruines des maisons de leurs parents », car cela n’apporterait aucune sécurité supplémentaire à Israël. Il a également condamné « dans les termes les plus forts » les attaques du Hezbollah contre Israël et a pressé le gouvernement libanais, qui n’est pas partie au conflit, à agir contre la milice.
« Le Liban ne doit pas devenir un théâtre de guerre », a déclaré Wadephul.
Le ministre allemand a affirmé que la clé de la stabilisation du Liban réside dans le renforcement de l’État libanais et que les tout premiers pourparlers directs entre le Liban et Israël offrent un « espoir ».
Sa’ar a réitéré qu’Israël n’a aucune ambition territoriale au Liban, précisant que sa présence dans le sud libanais ne vise qu’à protéger les citoyens israéliens. Malgré un cesse‑feu officiel, les échanges de tirs entre l’armée israélienne et le Hezbollah se poursuivent, la zone de sécurité israélienne étant qualifiée d’« occupation » par les dirigeants libanais.
Sur la bande de Gaza, Wadephul a rappelé l’urgence d’améliorer les livraisons d’aide humanitaire, appelant à lever les restrictions israéliennes sur les importations destinées aux travailleurs humanitaires. Il a rappelé que le cesse‑feu entre Israël et le Hamas dure depuis plus de six mois et que la stabilisation de Gaza sert également la sécurité israélienne. Le ministre a insisté sur la nécessité de désarmer le Hamas, comme prévu dans le plan de paix mené par les États‑Unis, bien que le groupe rejette cette proposition.
En résumé, Berlin pousse à la désescalade et à la construction d’un État libanais plus robuste, tandis qu’Israël maintient son poste sécuritaire sans ambition territoriale, le tout sous le regard attentif d’une communauté internationale qui espère éviter une nouvelle flambée du conflit.
Le prochain pas ? Des pourparlers directs, enfin, qui pourraient transformer la tension en dialogue.