Les frappes aériennes israéliennes dans le sud du Liban ont de nouveau fait couler le sang ce samedi, marquant une escalade : au moins sept civils ont été tués et plusieurs autres blessés, tandis que les forces israéliennes ont rasé une partie d’un couvent catholique à Yaroun, village frontalier.
Depuis le déclenchement des hostilités le 2 mars — quelques jours après que les États‑Unis et Israël ont lancé une offensive contre l’Iran — les deux camps s’échangent tirs d’artillerie et raids aériens. Israël a ordonné l’évacuation de neuf villages du sud du Liban, prévoyant de poursuivre la destruction d’infrastructures qu’il accuse le Hezbollah d’utiliser pour lancer des roquettes. Selon le porte‑parole arabe de l’armée israélienne, Lt. Col. Ella Waweya, « environ 50 frappes » ont été menées en 24 heures contre des cibles liées au groupe.
Le Hezbollah, de son côté, a signalé une attaque de drone contre des soldats israéliens réunis dans une maison à Bayed, tout en continuant à tirer depuis le territoire libanais. Le bilan global de la guerre, qui dure maintenant deux mois, s’élève à 2 659 morts et 8 183 blessés, selon le ministère libanais de la Santé.
L’armée israélienne affirme que le bâtiment touché était « une maison sans signes religieux » utilisée par le Hezbollah pour lancer des roquettes, et que les soldats ont arrêté les dommages dès qu’ils ont identifié le lien avec l’église. Le supérieur général des Sœurs Basiliennes Salvatoriennes, Gladys Sabbagh, rapporte que le couvent, déjà déserté, comprenait une école et une clinique fermées depuis la guerre de 2006 :
« Nous sommes contre toute atteinte aux lieux de culte. Ce sont des espaces de paix, d’amour et d’éducation, » a déclaré le révérend Abdo Abou Kassm, directeur du Centre catholique d’information.
Les autorités religieuses libanaises rejettent l’idée que le complexe aurait servi de base militaire. Cette dispute s’ajoute aux images qui ont fait le tour du monde d’un soldat israélien brandissant une hache contre une statue du Christ à Debel, provoquant une vive condamnation internationale.
Alors que les combats se poursuivent et que les pourparlers de cessez‑feu restent fragiles, la frontière sud demeure un théâtre d’incertitude où chaque nouveau bombardement ravive les tensions d’une guerre qui semble loin d’être terminée.