
Le bruit assourdissant de cinq détonations a retenti au cœur de Beyrouth mercredi après‑midi, alors que le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, se trouvait à l’Ambassade de Belgique pour une visite diplomatique. À quelques centaines de mètres seulement, un missile israélien a touché le sol, transformant la journée en l’une des plus sanglantes que le Liban ait connues récemment.
Selon les autorités libanaises, l’armée israélienne a lancé une centaine de missiles en six minutes sur tout le pays, montrant clairement que le cessez‑feu annoncé la veille n’incluait pas le Liban. Quatre frappes majeures, non annoncées, ont touché la capitale ; l’une d’elles s’est écrasée à proximité immédiate de l’ambassade belge, où Prévot était à l’intérieur du bâtiment. Les explosions ont été suivies d’épaisses colonnes de fumée noire, visibles depuis le palais présidentiel, et les sirènes d’alerte se sont fait entendre dans tous les quartiers.
« C’est l’une des journées les plus sanglantes auxquelles le Liban a été confronté récemment », a déclaré le chef de la diplomatie belge après ses entretiens avec le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam.
Avant de se rendre à l’ambassade, le ministre avait visité le stade Camille Chamoun, reconverti par la Croix‑Rouge en centre d’accueil pour plus de 1 100 déplacés du sud du pays, où il a pu constater les besoins en abri, nourriture et soins psychologiques.
Dans le sillage du bombardement, Prévot a annoncé un doublement de la contribution financière de la Belgique pour 2026 : 2 millions d’euros supplémentaires, ainsi que 2 millions d’euros mobilisés via le système onusien pour un accompagnement à plus long terme.
Les tirs ont ravivé les inquiétudes sur l’évolution du conflit régional, tandis que le gouvernement belge montre sa volonté de soutenir le Liban à la fois sur le plan humanitaire et économique. Le spectre d’une escalade persiste, mais la présence et l’engagement de la Belgique offrent un maigre filet de solidarité dans une journée marquée par la violence et la peur.