
Assis dans la salle du tribunal correctionnel de Nanterre, Patrick Balkany, ancien maire de Levallois‑Perret, voit son passé judiciaire revenir le hanter : le parquet requiert une nouvelle peine de prison ferme pour l’usage abusif de policiers municipaux comme chauffeurs personnels entre 2010 et 2015.
Le juge a entendu que trois policiers municipaux et un agent de police nationale détaché ont été affectés à son cabinet sans aucune justification budgétaire, servant tant aux déplacements municipaux qu’aux trajets privés (aéroport, résidence de Giverny, même les courses et la récupération de cigarettes). Le parquet qualifie ce montage d’« détournement patent » de fonds publics, soulignant que les agents étaient traités comme des « larbins » ou « domestiques ».
« On ne badine pas avec le respect des règles », a déclaré la procureure Camille Siegrist lors du réquisitoire.
Sur la base de ces faits, le ministère public réclame :
Ces exigences viennent s’ajouter à la condamnation de 3 ans (dont 18 mois ferme) prononcée deux jours plus tôt dans le dossier d’emploi fictif d’un proche. La décision finale sur la nouvelle affaire doit être rendue le 28 mai.
Balkany, 77 ans, se défend en se présentant comme un « maire paternaliste », arguant que l’invitation de son personnel était une forme de bienveillance et non un abus. Le parquet a toutefois rétorqué que « ce n’est pas par gentillesse qu’elles sont invitées », rappelant que la fonction d’élu est un « sacerdoce » et non un « démiurge omnipotent ».
Libéré le 5 août 2022 après une première incarcération, l’ancien baron des Hauts‑de‑Seine pourrait, selon le verdict à venir, retrouver les barreaux. La société attend de voir si la justice imposera à nouveau le compte à rendre à un homme qui, pendant des décennies, a fait de la politique un privilège personnel.