
Une mystérieuse infection à hantavirus a transformé la croisière de luxe MV Hondius en un drame sanitaire : trois passagers sont décédés et au moins trois autres sont hospitalisés alors que le navire est immobilisé au large du Cap-Vert.
Les hantavirus, principalement portés par les rongeurs, sont rares chez l’humain mais souvent mal diagnostiqués. Selon le Dr Yomani Sarathkumara, chercheur post‑doctoral à l’Université du Queensland, « les communautés agricoles sont à risque » parce qu’elles vivent plus près des rongeurs. L’expert en virologie Vinod Balasubramaniam ajoute que ces infections sont « une exposition environnementale liée aux rongeurs » et qu’elles « ne se transmettent généralement pas facilement d’une personne à l’autre ».
Il existe deux grandes lignées : les hantavirus « du Vieux Monde », qui provoquent la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (HFRS), et les « Nouveaux‑Monde », responsables du syndrome pulmonaire (HPS) souvent mortel (≈ 35 % de mortalité). L’incubation s’étend de 1 à 8 semaines, rendant le diagnostic précoce difficile.
Le MV Hondius, affrété par Oceanwide Expeditions, a quitté l’Argentine il y a trois semaines pour un itinéraire incluant l’Antarctique et les îles Falkland. Vers le milieu du voyage, un homme de 70 ans est décédé à bord ; sa femme, en tentant de rejoindre les Pays‑Bas‑Pays‑Bas, s’effondre à l’aéroport et décède également. Un troisième patient, ressortissant britannique, a été transféré à Johannesburg après s’être senti malade près de l’île Ascension.
« WHO is aware of and supporting a public health event involving a cruise vessel sailing in the Atlantic Ocean », a déclaré l’Organisation mondiale de la santé, précisant que des tests de séquençage et des enquêtes épidémiologiques sont en cours.
Environ 150 passagers et 70 membres d’équipage se trouvent à bord. Les autorités sud‑africaines et le Centre national de lutte contre les maladies transmissibles mènent le traçage des contacts, tandis que la WHO collabore avec les autorités nationales et l’exploitant du navire pour évaluer le risque.
Ce drame rappelle que même les voyages de luxe ne sont pas à l’abri des agents zoonotiques, et souligne l’urgence d’une vigilance accrue face aux rongeurs dans les environnements confinés.