
Le drame s’est déroulé dans le village palestinien d’al‑Mughayyir, à 25 km au nord de Ramallah, où deux civils, dont un adolescent de 14 ans, ont été abattus lors d’une fusillade mêlant colons israéliens et soldats.
Le mardi 21 avril, des témoins affirment que des colons sont arrivés en premier et ont ouvert le feu sur l’école du village, avant l’arrivée de l’armée qui aurait tiré « sur les suspects » après que des pierres auraient été lancées sur un véhicule israélien. Selon le chef du conseil local, Amin Abu Ulaya, les tirs ont touché d’abord des élèves, puis d’autres habitants qui se précipitaient vers l’établissement. Les victimes identifiées par le ministère palestinien de la Santé sont le garçon Aws al‑Naasan (14 ans) et l’homme Jihad Abu Naim (32 ans). Quatre autres personnes ont été blessées.
« Cela a conduit à la mort d’un élève et d’une autre personne », a déclaré Abu Ulaya, décrivant la panique des parents accourant à l’école.
L’armée israélienne a indiqué qu’elle intervenait après des signalements de jets de pierres, mais n’a pas encore confirmé les responsabilités exactes et poursuit son enquête.
Cette attaque s’inscrit dans une escalade de violences que les ONG qualifient de « surge de la violence des colons ». Cette année, 10 Palestiniens ont déjà été tués par des colons, dépassant le total de 2025. L’Office de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies a recensé 240 déaths palestiniens en 2023, la plupart par l’armée israélienne, dont neuf attribués aux colons.
Le nombre de colons en Cisjordanie a grimpé à environ 700 000, alors que près de 2,7 millions de Palestiniens y résident. Des groupes comme Yesh Din signalent que des réservistes en uniforme participent régulièrement à ces attaques, parfois hors service.
Des responsables israéliens ont dénoncé les « rioters juifs », tandis que d’autres soutiennent les colons et prônent l’expansion des implantations. L’armée a ouvert des enquêtes sur plusieurs cas similaires, dont un tir de réserviste à Deir Jarir en décembre et un autre le 11 avril.
Alors que le cessez‑le‑feu fragile entre Israël et le Hamas reste fragile, la mort de ces deux jeunes palestiniens rappelle la volatilité persistante du conflit en Cisjordanie.