
Les accusations de crimes de guerre contre Ben Roberts‑Smith, le vétéran australien le plus décoré encore en vie, ont secoué la communauté militaire et le public dès leur annonce mardi.
La police fédérale australienne a arrêté Roberts‑Smith à l’aéroport de Sydney, à son retour d’un vol depuis Brisbane, et l’a mis en examen pour cinq chefs d’accusation de meurtre au titre de crimes de guerre. Les faits reprochés remontent à 2009 et 2012, période où il servait au sein du Special Air Service Regiment (SAS) en Afghanistan. S’il est reconnu coupable, il risque la peine de prison à perpétuité, le crime étant défini comme le meurtre intentionnel de civils, prisonniers ou blessés qui ne prennent pas part aux hostilités.
« Il sera allégué que les victimes n’étaient pas engagées dans les combats, qu’elles étaient détenues, désarmées et sous le contrôle des membres de l’ADF au moment où elles ont été abattues », a déclaré Krissy Barrett, commissaire de la police fédérale.
Roberts‑Smith devra comparaître devant le tribunal mercredi et pourra demander la libération sous caution dès ce jour.
Cette procédure suit un précédent civil où le même homme a intenté une action en diffamation contre plusieurs journaux qui l’accusaient de crimes de guerre. En 2023, un juge fédéral a rejeté sa plainte, jugeant qu’il avait probablement tué quatre non‑combattants en 2009‑2012. La Haute Cour a refusé en septembre dernier de réexaminer l’affaire, fermant ainsi toute possibilité d’appel.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Accusations pénales | 5 chefs de meurtre de crimes de guerre |
| Peine maximale | Vie (prison à perpétuité) |
| Enquêtes du Office of the Special Investigator | 53 allégations, 39 clôturées sans charges |
| Nombre de soldats australiens en Afghanistan (2001‑2021) | ~40 000 |
| Décès militaires australiens en Afghanistan | 41 |
Roberts‑Smith n’est que le deuxième vétéran de la campagne afghane à être poursuivi ; le premier, Oliver Schulz, fait déjà face à une accusation similaire.
Le journaliste Nick McKenzie, qui suit l’affaire depuis 2017, a souligné la difficulté pour d’anciens camarades du SAS de témoigner :
« Ces courageux soldats ont dû lutter pour parler, certains en sont même arrivés à s’effondrer pendant leurs dépositions », a-t-il rappelé.
Les autorités insistent sur le fait que les faits reprochés concernent « une petite section très limitée » de l’armée australienne, rappelant que la majorité des forces armées « servent le pays avec honneur et distinction ».
Les audiences à venir détermineront si les accusations pénales aboutiront à une condamnation, un verdict qui pourrait redéfinir la façon dont l’Australie confronte les abus de ses forces armées à l’étranger.
Le destin de Roberts‑Smith est désormais entre les mains de la justice.