
La décision du président Emmanuel Macron a fait la une : Amélie de Montchalin, alors ministre chargée des Comptes publics, sera la première femme à présider la Cour des comptes, à compter du 23 février.
Le Conseil des ministres du 11 février a confirmé la candidature de Montchalin, 40 ans, pour succéder à Pierre Moscovici. La porte‑parole du gouvernement, Maud Bregeon, a rappelé que le passage de ministres à la Cour n’est pas inédit, citant des précédents sous les présidences de François Mitterrand et d’autres. Elle a assuré que « cette nomination ne pose aucun problème de conflit d’intérêts », l’institution étant structurée autour de décisions collégiales garantissant son indépendance.
« L’organisation inhérente à la Cour des comptes, le fait qu’elle repose notamment sur des décisions collégiales, fonde son indépendance », a déclaré Maud Bregeon.
L’opposition a immédiatement dénoncé un risque de « juge et partie ». Le député LFI Éric Coquerel a déclaré :
« Jamais une personne six mois auparavant ministre des Comptes publics n’a donné à l’automne un avis sur le budget qu’elle a elle‑même préparé. Difficile d’être davantage juge et partie. »
De son côté, Marine Le Pen a appelé « solennellement » le président à abandonner la nomination, tandis que le porte‑parole du RN Sébastien Chenu a qualifié cette nomination de « verrouillage » des institutions et d’« scandale démocratique ».
Des experts, dont le professeur de droit public Pierre Egéa, rappellent que la Cour des comptes, juridiction financière, a un rôle d’assistance et de contrôle des finances publiques, mais que son président ne nécessite pas d’approbation parlementaire, ce qui renforce les inquiétudes sur la concentration de pouvoir.
Malgré les critiques, le gouvernement insiste sur le professionnalisme de Montchalin, soulignant ses performances lors des débats parlementaires. La prise de fonction le 23 février marquera donc un tournant historique tout en ouvrant le débat sur la neutralité des hautes institutions françaises.
L’avenir de la Cour des comptes sera désormais scruté de près, entre tradition collégiale et pressions politiques.