
Le Parlement camerounais a franchi une étape décisive : lors d’un congrès réunissant l’Assemblée nationale et le Sénat le 4 avril 2026, les législateurs ont approuvé à une large majorité la création d’un poste de vice‑président de la République, destiné à assurer la continuité du pouvoir en cas de vacance.
| Vote | Résultat |
|---|---|
| Oui | 200 (ou 205 selon le compte officiel) |
| Non | 16‑18 |
| Abstentions / votes nuls | 4 |
Le texte prévoit que le vice‑président, nommé par le président Paul Biya, âgé de 93 ans, deviendra automatiquement chef de l’État si le poste devient vacant, remplaçant ainsi le président du Sénat qui occupait cette fonction auparavant. Les attributions précises du nouveau rôle restent floues ; le projet ne détaille pas les compétences quotidiennes ni le mode de nomination définitif.
L’initiative s’inscrit dans une « recomposition institutionnelle » qui a déjà vu, mi‑mars, le remplacement des présidents des deux chambres : Aboubakary Abdoulaye à la tête du Sénat et Théodore Datouo à l’Assemblée nationale.
L’opposition a dénoncé la réforme comme une « coup d’État institutionnel et constitutionnel ».
« Nous assistons à la clôture définitive de l’espace démocratique, avec l’introduction d’un poste de vice‑président sur mesure », a déclaré la députée du PCRN Ngo Issi.
Le chef du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Maurice Kamto) et l’exilé Issa Tchiroma Bakary, qui se proclame « président légitime », ont également qualifié la mesure de « violation des principes démocratiques » et de « dérive monarchique ».
Pour le parti au pouvoir, le RDPC, la modification vise à « stabiliser la période des élections présidentielles » et à garantir une transition plus prévisible. Mais l’absence de précisions sur les pouvoirs réels du vice‑président laisse la société civile et les observateurs internationaux dans l’attente d’un choix qui pourrait redéfinir la dynamique du pouvoir à Yaoundé.
Le Cameroun se trouve donc à un carrefour où la nouvelle architecture institutionnelle pourrait soit consolider la longévité du régime de Biya, soit déclencher une nouvelle vague de contestation. Le prochain nommage du vice‑président sera le véritable test de cette réforme.