
La France a de nouveau fait les gros titres à l’ONU : lors du vote d’une résolution qualifiant la traite transatlantique d’Africains comme le « crime le plus grave contre l’humanité », Paris a choisi l’abstention, suscitant débats et interrogations.
Adoptée le 25 mars 2026, la proposition, portée par le président ghanéen John Mahama, a recueilli 123 voix pour, 3 contre (États‑Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions, dont le Royaume‑Uni et plusieurs États membres de l’Union européenne. Le texte reconnaît la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé comme les plus graves crimes contre l’humanité, et appelle les États à engager un processus de justice réparatrice : excuses officielles, compensations aux descendants, lutte contre le racisme et restitution de biens culturels pillés.
« Si nous nous sommes abstenus sur cette résolution, c’est parce que nous refusons de créer une hiérarchie entre les crimes contre l’humanité, de mettre en compétition les souffrances que ces abominations et ces crimes continuent de provoquer aujourd’hui. » – Jean‑Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères
Barrot, qui s’exprimait à Lomé, a justifié l’abstention par le principe d’égalité des crimes contre l’humanité, tout en insistant sur la nécessité d’un « travail de mémoire et de vérité » sur le passé sombre et les aspects positifs de la France. Il a profité de sa visite pour plaider la levée de la suspension, depuis 2025, de France 24 et Radio France Internationale au Togo, rappelant que les relations bilatérales s’étaient refroidies après des accusations de désinformation.
La résolution, bien que largement soutenue, soulève la question de la mise en œuvre concrète des mesures réparatrices. Au-delà des excuses formelles, les appels à des compensations financières et à la restitution d’artefacts culturels impliquent des négociations complexes entre États européens, africains et institutions internationales.
En définitive, l’abstention française révèle la tension entre principes juridiques universels et pressions politiques, un dilemme qui continuera à façonner les débats sur la reconnaissance historique et la justice réparatrice.