
Patrice Motsepe, le président sud‑africain de la Confédération africaine de football (CAF), a touché le sol sénégalais au petit matin, accueilli par le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Abdoulaye Fall, avant d’être conduit au Palais présidentiel où le Président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, devait le recevoir.
La tournée, annoncée fin mars comme un « travail commun pour développer le football africain », intervient quelques semaines après la décision très critiquée du jury d’appel de la CAF qui a déclaré forfait le Sénégal en finale de la CAN 2025, attribuant ainsi le titre à Maroc (victoire 3‑0). La FSF a saisi le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) et attend toujours un jugement, estimé à plusieurs mois. Le différend a aussi généré la détention de 18 supporters sénégalais à Rabat, avec une audience prévue le 13 avril.
« Il s’agit sans aucun doute d’apaiser les tensions », a déclaré une source proche du dossier, soulignant le rôle diplomatique de la visite.
Après son atterrissage à l’aéroport international Blaise Diagne, Motsepe a effectué une visite symbolique de l’île de Gorée, lieu chargé de mémoire de la traite négrière. La conférence de presse prévue à 17 h 30 GMT dans un hôtel de Dakar doit permettre d’exposer les positions de la CAF et de répondre aux questions sur le litige.
Les autorités sénégalaises espèrent que cette rencontre pourra débloquer le dialogue avec le Maroc, notamment sur le sort des supporters détenus et sur la reconnaissance du titre. Motsepe poursuivra son périple vers Rabat, où il rencontrera les dirigeants de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), prolongeant ainsi un effort de médiation qui dépasse le simple cadre sportif.
Dans un Sénégal confronté à une dette publique record dépassant 132 % et à des tensions socio‑politiques, la visite de Motsepe porte autant le poids d’une mission de réconciliation que celui d’une affirmation de l’autorité de la CAF. Le prochain verdict du TAS déterminera si le calme reviendra sur le football africain.