
Dans un développement inattendu, le président américain Donald Trump a annoncé une trêve de trois jours entre l'Ukraine et la Russie, censée entrer en vigueur ce samedi. Cette annonce, faite sur sa plateforme Truth Social, a été accompagnée de l'espoir que ce soit « le début de la fin d’une guerre très longue, meurtrière et difficile ». Crucialement, le cessez-le-feu serait couplé à un échange de 1 000 prisonniers de chaque pays.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a rapidement confirmé cette trêve, exigeant sa mise en œuvre du 9 au 11 mai, et a ordonné à l'armée ukrainienne de ne pas attaquer le défilé prévu à Moscou. De son côté, Moscou a également confirmé avoir accepté la trêve et l'échange de prisonniers, malgré une précédente annonce unilatérale de trêve russe avant les commémorations du 9 mai qui n'avait pas stoppé les hostilités.
Ces annonces interviennent alors que la Russie célébrait le Jour de la Victoire sur l'Allemagne nazie. Le président russe Vladimir Poutine a présidé une parade militaire sur la Place Rouge à Moscou. Dans son discours, il s'est montré confiant quant à la victoire russe dans le conflit ukrainien, affirmant que l'armée russe ferait face aux agressions de l'OTAN et l'emporterait comme lors de la Seconde Guerre mondiale. La parade elle-même fut plus courte que d'habitude, sans les blindés et les missiles habituels pour des raisons de sécurité, mais des avions de chasse ont survolé la place.
Un invité de marque a retenu l'attention : le Premier ministre slovaque Robert Fico, le seul dirigeant d'un pays de l'Union européenne et de l'OTAN à assister aux commémorations à Moscou. Bien qu'il n'ait pas participé à la parade militaire, il a déposé une gerbe au tombeau du soldat inconnu. Reçu par Poutine, Fico a été loué pour son « engagement continu à préserver la vérité historique » et la politique étrangère « souveraine » de la Slovaquie, Poutine promettant également d'assurer les besoins énergétiques du pays.
Cette visite a suscité de vives critiques, notamment de la part du chancelier allemand Friedrich Merz, qui a exprimé son profond regret :
« Fico sait que nous ne sommes pas d'accord là-dessus. Je le regrette profondément et nous parlerons avec lui de cette journée à Moscou. »
Lancée en 2022, l'invasion russe de l'Ukraine, qui a déjà fait des centaines de milliers de morts, reste le conflit le plus sanglant en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Dans ce contexte tendu, les discussions entre négociateurs ukrainiens et américains ont repris en Floride, avec l'espoir du président Zelensky de voir les négociateurs américains se rendre prochainement en Ukraine. Le chemin vers la paix, bien que semé d'embûches, semble momentanément éclairé par cette rare lueur de trêve.