Malgré des crises mondiales pressantes, le président Donald Trump a réuni des dirigeants latino-américains samedi en Floride, réaffirmant l'engagement de son administration à renforcer la politique étrangère américaine dans l'hémisphère occidental. Le sommet, baptisé « Bouclier des Amériques », s'est tenu au Trump National Doral Miami et visait principalement à coordonner la lutte contre les cartels violents et les gangs transnationaux, que Trump a qualifiés de « menace inacceptable ».
Le président Donald Trump a vivement encouragé les leaders présents à utiliser la force militaire pour éradiquer ces groupes criminels, déclarant : « Le seul moyen de vaincre ces ennemis est de déchaîner la puissance de nos armées. » Il a établi un parallèle avec la coalition menée par les États-Unis contre l'État islamique au Moyen-Orient. Douze pays, dont l'Argentine, la Bolivie, le Chili, le Costa Rica, la République dominicaine, l'Équateur, le Salvador, le Guyana, le Honduras, le Panama, le Paraguay et Trinité-et-Tobago, ont participé. Cependant, des puissances régionales clés comme le Brésil, le Mexique et la Colombie étaient notablement absentes. Trump a d'ailleurs qualifié le Mexique d'« épicentre de la violence des cartels », regrettant que ces derniers dirigent le pays. La coopération militaire est déjà en cours : l'Équateur et les États-Unis ont mené des opérations cette semaine contre des groupes criminels, le président équatorien Daniel Noboa affirmant que ce n'est « que le début ».
Au-delà de la criminalité, le sommet a été l'occasion pour Trump de souligner la volonté américaine de contrecarrer l'influence économique croissante de la Chine dans la région, en s'appuyant sur le « Corollaire Trump » à la doctrine Monroe. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a répliqué le lendemain que la diplomatie de son pays n'était « pas ciblée sur une tierce partie » et ne devait « pas être interférée par une tierce partie ». Trump a également promis de s'occuper de Cuba après la guerre en Iran, suggérant un « grand changement » imminent sur l'île. Le président cubain, Miguel Díaz-Canel, a vivement critiqué le sommet, le qualifiant de « petit, réactionnaire et néocolonial » et accusant les États-Unis de vouloir imposer l'usage de leur force militaire.
Le rassemblement a eu lieu alors que l'administration Trump était confrontée à d'autres crises majeures. Une guerre avec l'Iran et Israël avait éclaté une semaine auparavant, provoquant des centaines de morts. Le même jour, Trump a dû se rendre à la base aérienne de Dover, au Delaware, pour la cérémonie de rapatriement de six soldats américains tués lors d'une frappe de drone sur un centre de commandement au Koweït, qu'il a décrit comme une « situation très triste ». Après son départ, le Secrétaire d'État Marco Rubio a poursuivi les discussions, avec la participation de Kristi Noem, nouvelle envoyée spéciale pour le « Bouclier des Amériques », qui a exprimé l'objectif d'un hémisphère « plus sûr, plus souverain et plus prospère ». Le moment d'attention accordé à l'Amérique latine, bien que bref, a mis en lumière l'équilibre délicat entre les priorités régionales et les enjeux géopolitiques mondiaux pour l'administration américaine.