
Le eau et le pétrole, deux ressources vitales, se transforment aujourd’hui en armes silencieuses dans le conflit qui oppose l’Iran, Israël et les États-Unis.
Le 22 mars dernier, la Journée mondiale de l’eau a rappelé que plus de 2,2 milliards de personnes n’ont pas accès à une eau potable sûre. Dans le Golfe, où les réserves d’eau douce représentent seulement 2 % du stock mondial, la désalinisation est cruciale : 42 % de la capacité mondiale se trouve au Moyen‑Orient, et, selon l’IFRI, 42 % de l’eau des Émirats, 70 % de l’Arabie saoudite, 86 % d’Oman et 90 % du Koweït proviennent de ces installations.
Des experts avertissent que l’Iran menace de viser les usines de désalinisation en représailles à des dommages subis sur son propre réseau, rappelant que le droit international humanitaire interdit explicitement toute attaque contre les installations d’eau potable.
« La situation actuelle doit être considérée comme un cessez‑le‑feu, et non comme un accord complet, » a déclaré INTERTANKO, soulignant la fragilité du calme.
Depuis le 7 avril, l’Iran a quasiment fermé le détroit d’Ormuz, réduisant le trafic de 125 traversées quotidiennes à 11. Selon Clarksons, la plupart des navires qui osent passer sont iraniens ou affiliés à des pays « amis ». L’Iran impose désormais des péages pouvant atteindre 2 millions de dollars pour les super‑pétroliers, ce qui représente environ 1 $ par baril de brut.
Le droit maritime international, codifié par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS), garantit le « passage innocent » dans les détroits internationaux, interdisant les frais de transit. Mark Nevitt, professeur de droit à l’Université Emory, estime que « les actions de l’Iran contre le détroit contredisent à la fois la lettre et l’esprit de l’UNCLOS ».
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Part des eaux désalinisées (Gulf) | 42 %‑90 % selon le pays |
| Traversées quotidiennes (avant) | 125 navires |
| Traversées quotidiennes (après) | 11 navires |
Le monde regarde, conscient que le contrôle de l’eau et des routes maritimes pourrait redessiner les équilibres géopolitiques du Moyen‑Orient. La prochaine décision de l’Iran pourrait bien déterminer si ces ressources resteront des instruments de vie ou de guerre.