
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se sont heurtés à nouveau à un mur diplomatique : Allemagne et Italie ont rejeté mardi la demande de suspension du pacte de coopération UE‑Israël, malgré une pression grandissante de l’Espagne et de l’Irlande.
Lors de la réunion à Luxembourg, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a qualifié la proposition « inappropriée ».
« Nous devons parler à Israël des questions critiques, dans un dialogue constructif », a‑t‑il déclaré.
L’italien Antonio Tajani a ajouté qu’aucune décision ne serait prise ce jour‑là. Du côté irlandais, Helen McEntee a insisté : « Nous devons agir pour protéger nos valeurs fondamentales ».
Les tensions remontent à l’invasion israélienne du Liban et à la récente loi palestinienne sur la peine de mort dans les territoires occupés, qui ont renforcé la critique au sein de l’UE, déjà sévère après la guerre à Gaza.
Le texte de coopération signé en 2000 prévoit deux leviers :
Des mesures plus modestes continuent d’être débattues : France et Suède soutiennent l’interdiction d’importer des produits provenant des colonies israéliennes de Cisjordanie, tandis que la proposition de sanctions contre des colons « extrémistes » reste freinée par la Hongrie, désormais moins favorable à la ligne pro‑Israël après la défaite de Viktor Orbán.
Le débat montre que, même si la communauté européenne peine à atteindre un consensus, la pression sur Israël s’intensifie. La prochaine réunion des ministres pourrait bien déterminer si l’UE passe de la parole à l’action, ou si le statu quo persiste : le futur de la coopération dépendra de la capacité des grands États à réviser leurs positions.
Le monde observe : l’UE est à la croisée des chemins, et chaque vote façonnera son rôle sur la scène internationale.