L’immigration s’impose déjà comme le premier champ de bataille de la campagne présidentielle, à peine un an avant le premier tour : chaque prétendant tente de se démarquer sur ce sujet qui préoccupe largement les Français.
Gérald Darmanin, ministre de la Justice et possible candidat, a annoncé à la fin du mois de mai un moratoire de trois ans sur l’immigration légale, incluant la suspension du regroupement familial. Il a expliqué :
« Il faut diminuer la part de notre immigration en France pour d'abord intégrer et assimiler les étrangers nombreux qui sont déjà sur notre territoire. »
Il évoque également la nécessité d’une révision constitutionnelle pour rendre ce plafonnement durable, tout en admettant ne pas disposer d’une majorité parlementaire pour le mettre en œuvre.
Gabriel Attal, officiellement en lice, reprend la formule « Il faut que la France accueille moins pour accueillir mieux », et propose de durcir les conditions du regroupement familial, notamment en allongeant la durée de résidence exigée avant de pouvoir faire venir un conjoint. Il suggère aussi que le Parlement fixe chaque année des quotas d’immigration en fonction des besoins économiques.
Édouard Philippe partage l’idée de limiter le regroupement familial et se montre prêt à modifier la Constitution pour le concrétiser.
Du côté de la gauche, Raphaël Glucksmann veut instaurer une convention citoyenne tirée au sort afin de débattre de l’immigration « sans tabou ».
L’ancien membre d’« Insoumis », François Ruffin, prend une position plus radicale : il s’oppose à « l’immigration pour le travail », arguant que celle‑ci fait baisser les salaires, notamment dans les hôpitaux. Cette prise de parole a attiré les critiques de Marine Tondelier, qui l’accuse de « convoquer les sujets de l’extrême droite ».
Un député du camp présidentiel a ajouté que la question a longtemps été cédée à l’extrême droite et qu’il faut « corriger le tir », soulignant la volonté de certains macronistes de reprendre le débat.
« On a laissé le sujet à l'extrême droite et on a échoué. Il faut corriger le tir. » – député du parti présidentiel
L’immigration, donc, devient le fil rouge d’une campagne qui s’annonce déjà très polarisée, avec des propositions allant du moratoire total à la création d’un débat citoyen, et promet de rester au cœur du scrutin de 2027.
Le prochain mois verra les candidats affiner leurs programmes, mais le débat est clairement lancé : la France devra choisir entre restriction stricte et dialogue élargi.