
Le président français Emmanuel Macron a atterri à Tokyo sous une pluie battante, lançant une visite de trois jours qui se veut à la fois un signal de soutien à Tokyo et une plateforme de coordination face aux tensions au Moyen‑Orient et en Indo‑Pacifique.
Le Japon, qui dépend à 95 % de son pétrole du Moyen‑Orient, voit ses réserves stratégiques s’amoindrir depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine et l’escalade du conflit israélo‑iranien. Après les frappes américaines et israéliennes du 28 février, l’Iran a presque fermé le détroit d’Hormuz, goulot d’étranglement qui assure un cinquième du flux mondial de pétrole. À cela s’ajoute la rupture diplomatique avec la Chine provoquée par les propos du Premier ministre Sanae Takaichi, qui a déclaré que toute action militaire contre Taïwan constituerait une « situation menaçant la survie » du Japon, franchissant ainsi une « red line » selon Pékin.
Arrivé à 17 h30 (08 h30 GMT) le mardi, Macron a d’abord rencontré des personnalités culturelles avant de tenir, le mercredi, son premier entretien complet avec Takaichi. Les deux dirigeants doivent aborder :
Le programme prévoit également un déjeuner officiel avec l’empereur Naruhito et l’impératrice Masako, ainsi qu’une éventuelle visite des cerisiers en fleurs, bien que la météo défavorable risque d’annuler ce moment symbolique. Macron quittera le pays le 2 avril pour un séjour d’État en Corée du Sud, où il sera le premier dirigeant européen à rencontrer le président Lee Jae Myung depuis l’arrivée du nouveau gouvernement.
Cette tournée marque la volonté de la présidence française du G7 de jouer un rôle actif dans la stabilisation de l’Indo‑Pacifique tout en gérant les répercussions d’une crise énergétique mondiale.
« Le cœur de nos discussions sera la crise au Moyen‑Orient », a rappelé l’Élysée, soulignant l’urgence d’une réponse coordonnée.
Le monde observe maintenant comment ces rencontres influenceront la dynamique entre Europe, Japon, États‑Unis et Chine.