L'autorité britannique de la concurrence a récemment enjoint Google de permettre aux sites d'actualités et aux créateurs de contenu de refuser que leurs publications soient utilisées pour alimenter les « résumés par intelligence artificielle » du moteur de recherche. Cette mesure s'inscrit dans un ensemble de propositions visant à réduire la domination du géant technologique américain sur le marché britannique de la recherche en ligne.
Le rapport de la Competition and Markets Authority (CMA) souligne que les éditeurs de presse ont subi une baisse de trafic depuis le déploiement des résumés générés par IA, ces derniers apparaissant en tête des résultats de recherche et incitant moins les internautes à cliquer vers les articles originaux. Pour remédier à cela, l'organisme de surveillance exige que Google offre aux éditeurs un « choix significatif » quant à l'utilisation de leur contenu, exige une plus grande transparence sur le processus et demande que les sources soient correctement citées.
Will Hayter, directeur exécutif des marchés numériques à la CMA, a déclaré que ces mesures sont essentielles pour soutenir la « viabilité à long terme » des éditeurs, aider le public à vérifier les sources et renforcer la confiance envers les résultats générés par l'IA.
En réponse, Google a affirmé vouloir collaborer avec l'autorité de régulation. Ron Eden, responsable de la gestion des produits chez Google, a indiqué dans un article de blog :
« Nous étudions actuellement des mises à jour de nos contrôles pour permettre aux sites de refuser spécifiquement les fonctionnalités de recherche par IA générative. »
Il a ajouté que l'objectif est de protéger l'utilité de la recherche tout en fournissant aux sites web des outils pour gérer leur contenu. Outre la question de l'IA, la CMA recommande que Google classe ses résultats de recherche de manière équitable, sans favoriser les sites ayant des accords commerciaux avec l'entreprise. L'autorité propose également de faciliter le changement de moteur de recherche par défaut sur les appareils Android et le navigateur Chrome.
Le régulateur rendra sa décision finale après une période de consultation qui prendra fin le 25 février. L'issue de cette procédure déterminera l'équilibre futur entre l'innovation technologique de Google et la protection des droits des créateurs de contenu en ligne.