Le choix inattendu du nouveau chef du Mossad a déclenché un débat à la fois enthousiaste et polémique au sein du pouvoir israélien.
Benjamin Netanyahu, Premier ministre, a validé l’accord du Comité des nominations senior pour que le major‑général Roman Gofman, secrétaire militaire, prenne la direction du service de renseignement le 2 juin, à la fin du mandat de cinq ans de David Barnea.
« Il est un officier hors du commun – audacieux et créatif – qui a démontré tout au long de la guerre une perspective hors des sentiers battus et une remarquable ingéniosité », a déclaré le Premier ministre.
Le chef d’État‑major des forces de défense, Eyal Zamir, a également salué la carrière de Gofman :
« Je pense qu’il a eu une carrière militaire glorieuse, une personne excellente et digne à tous égards. S’il n’avait pas accepté la tête du Mossad, il aurait pu remplacer ma propre fonction de chef d’état‑major ».
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a ajouté qu’il était convaincu que le nouveau chef « continuerait la voie d’excellence de David Barnea et porterait le Mossad vers de nouveaux sommets, renforçant ainsi la sécurité de l’État d’Israël ».
Malgré cet élan officiel, David Barnea s’est opposé à la désignation, qualifiant Gofman de « personne qui abuse de son pouvoir ». Le commentateur controversé Ori Elmakayes, qui entretient une longue querelle publique avec le général, a qualifié la décision de « ridicule » et a menacé de contester juridiquement la nomination.
« La nomination de Roman Gofman représente un véritable danger pour le Mossad et la sécurité de l’État d’Israël. Je ne m’arrêterai pas là et je lutterai pour faire annuler cette décision ».
Elmakayes rappelle également une affaire de son adolescence, lorsqu’il a été détenu par le Shin Bet après que deux officiers sous le commandement de Gofman lui eurent fourni des informations classifiées pour alimenter ses pages Telegram. Il accuse le général d’avoir « abandonné» le jeune alors.
Alors que les soutiens gouvernementaux promettent un renforcement de la capacité d’espionnage, les voix dissidentes mettent en garde contre un possible excès de pouvoir, laissant le futur du Mossad sous les projecteurs d’une attention accrue.