Le ministère de la Justice a annoncé lundi une solution de compromis avec Ticketmaster et sa maison‑mère Live Nation, alors que le procès antitrust venait tout juste de démarrer, déclenchant une vague de critiques de la part des États et du juge en charge du dossier.
Le « term sheet » prévoit que Live Nation devra :
L’accord prolonge de huit ans le décret de consentement déjà en place, maintenant ainsi une surveillance fédérale continue.
« C’est une victoire‑gagnant‑gagnant pour tout le monde, qui apporte un soulagement immédiat aux consommateurs et protège les salles contre les représailles lorsqu’elles choisissent des concurrents », a déclaré anonymement un haut fonctionnaire du ministère de la Justice.
Plus d’une vingtaine d’États, dont New York, Californie, Colorado et Washington, ont dénoncé l’accord comme insuffisant. L’avocate générale de New York, Letitia James, a affirmé que le pacte « ne traite pas le monopole au cœur de l’affaire » et que son État poursuivra la procédure. Le procureur de la Caroline du Nord, Jeff Jackson, l’a qualifié de « terrible accord » tenu secret jusqu’au dernier moment.
Le juge Arun Subramanian a critiqué le processus, le jugeant « entièrement inacceptable » que les parties ne l’aient pas informé plus tôt. Le sénateur Amy Klobuchar a rappelé que seules des mesures structurelles, comme la scission de l’entreprise, pourraient réellement rompre le monopole.
Le National Independent Venue Association a estimé que le fonds de 280 millions de dollars représente à peine quatre jours de chiffre d’affaires 2025 de Live Nation, le jugeant donc dérisoire.
Alors que le procès reprend la semaine prochaine, les États qui rejettent l’accord prépareront leurs propres actions en justice, maintenant la bataille sur le contrôle du marché de la billetterie bien vivante.
Le sort du géant du spectacle reste en suspens, et les prochains mois décideront s’il restera dominant ou devra partager son trône.