
Une détention qui fait déjà l’objet d’un véritable tourbillon médiatique : l’eurodéputée Rima Hassan (LFI), 33 ans, a été libérée vendredi soir après une garde à vue ; elle y voit le début d’un « harcèlement judiciaire et politique » lié à ses prises de position.
« Je fais l’objet d’un véritable harcèlement judiciaire et politique, exclusivement à cause de mes opinions », a affirmé Hassan lors d’une conférence de presse dans le bureau de son avocat Vincent Brengarth.
Elle a également dénoncé la diffusion massive de « fake news » par les médias dans les 24 heures qui ont suivi son interpellation.
Au cours de la fouille de ses effets, les enquêteurs ont relevé la présence de CBD et d’une substance identifiée comme 3 MMC, une drogue de synthèse. Hassan a déclaré sur X que le CBD était à usage médical et que l’un des deux échantillons, selon les analyses, contenait des traces de synthétique ajoutées à la résine.
Son avocat qualifie la garde à vue d’« illégale », affirmant que le parquet a contourné son immunité parlementaire pour « dévier la procédure en flagrance ». Il a également demandé l’ouverture d’une enquête préliminaire suite aux fuites d’informations à la presse, saluant cette démarche comme une première victoire.
Le parquet a indiqué que 16 procédures avaient été ouvertes contre Hassan par le pôle national de lutte contre la haine en ligne : 13 classées sans suite et 6 encore en cours, dont deux proviennent de plaintes déposées par l’Organisation juive européenne OJE, l’Organisation juive française OJF et le collectif d’extrême‑droite Némésis.
Le parti LFI a réagi vigoureusement : Jean‑Luc Mélenchon a dénoncé une « police politique », tandis que l’eurodéputée Manon Aubry a qualifié les investigations de « harcèlement judiciaire ».
Alors que le calendrier judiciaire se précise, l’affaire Rima Hassan reste au cœur d’un débat sur la liberté d’expression, l’immunité parlementaire et la lutte contre la radicalisation.
Le prochain procès pourrait bien devenir un référendum de fait sur la neutralité des autorités françaises face aux questions liées au conflit israélo‑palestinien.