Le ancien directeur de la CIA John Brennan a brisé le silence ce lundi 13 avril, en appelant à l’activation du 25ᵉ amendement pour destituer le président Donald Trump, affirmant que cette procédure « avait été rédigée en pensant à Donald Trump ».
Brennan, intervenu sur la chaîne MS Now, a dénoncé les menaces « volatiles » de Trump, notamment le 7 avril où le président a averti que la « civilisation entière de l’Iran mourra ce soir » si le régime n’obéissait pas à son ultimatum. Selon lui, ces propos laissent entendre une possible utilisation de l’arsenal nucléaire et montrent que Trump est « clairement déséquilibré ».
« Je pense que le 25ᵉ amendement a été rédigé en pensant à Donald Trump », a déclaré Brennan.
Le 25ᵉ amendement, inscrit dans la Constitution en 1967, permet au vice‑président et à une majorité du cabinet de déclarer le président « incapable d’exercer les pouvoirs et fonctions de son mandat ». Selon le comptage de NBC News, plus de 70 démocrates au Congrès ont déjà appelé à son application.
Malgré l’appui parlementaire, les chances de succès restent minces, la loyauté du vice‑président J.D. Vance et du cabinet envers Trump étant fortement affichée. Par ailleurs, Brennan figure lui‑même sous le coup d’une enquête du département de Justice, lancée en juillet dans le cadre de ce que l’administration décrit comme une « vendetta » contre ses opposants. L’enquête touche également l’ancien directeur du FBI James Comey, dont les accusations ont finalement été rejetées par un juge.
Le débat sur le recours au 25ᵉ amendement s’inscrit dans une période de tensions accrues entre les États‑Unis et l’Iran, et dans la perspective des élections de mi‑mandat qui pourraient remodeler le Congrès.
Si le mécanisme constitutionnel existe, sa mise en œuvre dépendra davantage de la volonté politique que des menaces verbales du président. Le pays attend de voir si la pression des critiques pourra un jour l’emporter sur la loyauté partisane.