
Un nouveau rapport actuariel, réalisé par le cabinet de conseil Oliver Wyman pour l'Automobile Insurance Rate Board (AIRB), indique que le futur système d'assurance « sans égard à la faute » en Alberta pourrait réduire les primes pour les conducteurs de véhicules de tourisme et commerciaux, tout en augmentant les tarifs pour les motocyclistes.
Selon les projections de cette analyse de plus de 200 pages, les assurés albertains pourraient économiser jusqu'à 366 $ par an pour une couverture de base et 231 $ pour une couverture complète. Ces estimations reposent sur une comparaison avec les prestations de santé offertes par l'Assurance publique du Manitoba, tout en intégrant une marge bénéficiaire de 6 % pour les assureurs.
Le gouvernement albertain, qui a fait adopter une loi pour une transition vers ce modèle au 1er janvier 2027, justifie cette réforme par la hausse des primes de 57 % observée sur la décennie se terminant en 2024. Le ministre des Finances, Nate Horner, a affirmé que les frais juridiques liés au système actuel, basé sur la responsabilité civile, contribuent à ces coûts élevés.
Si Aaron Sutherland, vice-président de l'Insurance Bureau of Canada, salue une réforme « gagnant-gagnant » qui offrira « les prestations d'indemnisation les plus généreuses du pays », des experts du secteur juridique expriment une vive inquiétude.
Karamveer Lalh, avocat spécialisé en préjudices corporels, souligne que les estimations doivent être prises avec « plus d'un grain de sel ». Il s'interroge sur la viabilité du projet, arguant que le système de tribunal proposé, similaire à celui de l'Ontario, pourrait générer des coûts administratifs massifs, contrairement au modèle du Manitoba.
M. Lalh craint également que les assureurs ne privilégient une stratégie consistant à « couper les vivres » aux accidentés pour les pousser à des règlements devant les tribunaux, au détriment d'un accompagnement sur le long terme. Face à ces incertitudes, le gouvernement assure vouloir maintenir une vigilance accrue envers l'industrie pour garantir que les économies promises aux citoyens se concrétisent effectivement à l'horizon 2027.