Une vague de désillusions secoue le PASTEF, et le départ de son chargé de communication à Diarrère vient ajouter une nouvelle pierre à l’édifice de la crise interne.
Jean‑Pierre Pama Marone a officiellement remis sa démission au parti, expliquant que les « promesses non tenues » et le « manque de considération des responsables envers les militants » l’ont poussé à quitter la scène politique. Dans sa lettre, il a déclaré :
« Après avoir cru en un projet et en des valeurs, je suis profondément déçu par l’indifférence et le manque de considération des responsables politiques envers les militants. Les déceptions se sont accumulées, les promesses non tenues se sont multipliées, l’ingratitude a remplacé la reconnaissance et la trahison est manifeste. »
Il précise qu’il ne se range ni du côté du « gardien de la Constitution » ni de celui du « gardien de la Révolution », se définissant plutôt comme le « gardien des valeurs religieuses et culturelles ». Malgré son retrait, Marone maintient son estime pour Ousmane Sonko, affirmant qu’il continuera à prier pour lui.
Le renoncement de Marone s’inscrit dans une série de démissions qui ont déjà touché d’autres responsables du PASTEF/Les patriotes. Cette instabilité arrive alors que le président Bassirou Diomaye Faye s’est empressé de réaffirmer son appartenance au mouvement lors d’une réunion du conseil des leaders de coalition à Dakar. Il a déclaré :
« Personne ne peut effacer mon travail dans Pastef et aujourd’hui plus que jamais je revendique mon appartenance à ce Pastef. »
Faye a rappelé la dissolution du parti par décret le 31 juillet 2023, expliquant que le mouvement a « rené de ses cendres après mon élection » grâce au soutien de forces alliées qui lui ont « prêté leur récépissé ».
Ces développements révèlent une tension croissante entre la promesse d’un renouveau politique et les réalités d’une organisation en pleine recomposition. Alors que le PASTEF lutte pour regagner la confiance de ses militants, les prochains mois détermineront s’il parviendra à surmonter cette crise interne ou à perdre son influence au sein de l’opposition sénégalaise.